Éditorial : François Bayrou, l’imposture
Électeurs de gauche, ne vous laissez pas avoir par le discours « plein de bon sens » et les positionnements courageux de Bayrou, ne vous lavez pas les mains d’une tentation de voter encore plus droite (par résignation dûe une défiance envers le candidat du PS) en « découvrant » aujourd’hui la pseudo-gauchitude de Bayrou.
Ce type est de DROITE!
C’est un démocrate-chrétien pur jus, ses prises de position en faveur de l’école « libre » (encore une occurence tiens, du détournement éhonté que la droite fait du mot « liberté »…), contre l’union homosexuelle, etc., ne doivent pas être couvertes par une posture légèrement plus socia(b)le que celles de Sarko.
Ne pas oublier que l’essentiel de ses troupes, députés, maires, sont élus avec les voix de droite, ni que ces élus hésitent peu soutenir localement Sarkozy dès maintenant en prévision des législatives suivre (nous en avons Meudon l’illustration permanente).
Bayrou ne peut pas représenter une alternative gauche, ses appels du pied grossiers (DSK premier ministre de Bayrou? cette hypothèse ne porte-t-elle pas un peu loin le positionnement supposé de DSK « droite de la gauche » - n’est-elle pas une caricaturale tentative de déstabilisation?), ses appels du pied grossiers donc ne sont que des attrape-nigauds, de basses manœuvres désespérées destinées le faire exister dans les sondages.
Bayrou gagnant au second tour est l’application simple du principe de Condorcet, il n’y aucun miracle ni séisme politique: tout le monde préfère voter pour le deuxième choix plutôt que pour le troisième, et Bayrou est le deuxième choix des deux camps. Cette hypothèse est donc mathématiquement parfaitement cohérente, sauf qu’elle repose sur une autre hypothèse qui elle est nettement plus problématique: la présence de ce « deuxième choix commun » au second tour. D’où l’envolée actuelle du buzz Bayrou.
Bien sûr qu’entre Sarko et Bayrou j’hésiterai peu. Mais je ferai tout ce que je peux pour que ce choix ne se présente pas, et la différence de 2002, je ne serai plus un simple spectateur refaiseur de monde en petit comité.
Je suis résolument « ségoliste » (?) parce que Ségolène Royal est tout simplement LE candidat qui porte mes valeurs, qui prône l’inclusion de l’individu dans la solidarité, alors que le camp d’en face ne jure que par l’individualisme égoïste et ne propose qu’une économie de rentiers.
(vache, je suis bien remonté moi…)
Allez, bientôt sur les marchés!
5 mars 2007 à 15:21
bravo !
je suis entièrement d’accord avec vous… Bayrou est tout simplement un candidat de droite qui ne veut pas le dire !..
Je suis pour Ségolène, bien que je pense que DSK n’est pas très partisan pour l’aider, et qu’il n’hésiterait lui mettre des bâtons, non plutôt, des aiguilles dans les rouages. Ségo doit se battre seule, sans trop compter sur les mammouths
je la soutiens de loin, peut-être, mais ELLE est mon candidat
20 mars 2007 à 19:36
Bayrou a un positionement historique au centre droit… Il a évolué depuis un certain nombre d’années vers un positionnement l’”extreme centre”. Soit… Après tout n’est ce pas normal d’évoluer politiquement au gré de ses expériences, de son vécu et de sa réflexion ?
Ségolène évolue aussi. Seulement beaucoup plus rapidement, et dans tous les sens. Un jour elle propose aux profs de travailler 35 heures, et l’autre elle leur écrit une lettre sans évoquer cette précédente sortie… Un jour elle reprend le programme du PS (au passage archaïque et non finacé (-able)), et l’autre elle dit avoir pris son indépendance… J’ai l’impression que Ségolène dit chacun ce qu’ils ont envie d’entendre, quitte se contredire. Cela dénote une absence de vision, et une crédibilité nulle…
Je préfère donc voter Bayrou, et ainsi faire perdre Sarko…
23 mars 2007 à 20:37
Une question comme cela, Bayrou a-t-il dit quelque part qu’il a évolué ? Depuis quelques années ? Mais cela ne fait qu’un an qu’il ne vote plus les lois du gouvernement de droite, non ? Et puis partout dans les villes, les département, la région, l’UDF ne gouverne-t-il pas avec l’UMP? Alors l tout d’un coup, Bayrou président trouverait des alliés gauche ? C’est bien de faire perdre Sarko, mais Sarko sera le chef du principal parti allié de Bayrou. Qui seront les ministres de Bayrou si ce n’est les gens actuellement important droite ? Sarko ou Bayrou, on peut imaginer que les gouvernements se ressemblent beaucoup non ?
Enfin, monsieur (madame ?) synapse, n’est ce pas un peu court d’invoquer le caractère soit disant non financable du projet de Ségolène pour passer de la gauche la droite ? Si on ne veut pas de mesure de gauche, il faut le dire au lieu de prétendre qu’elles ne sont pas financables (ce qu’aucune des personne qui le prétend n’est en mesure d’affirmer… d’ailleurs cela n’a pas beaucoup de sens, cela sert juste éviter d’affirmer honnêtement ses engagements de droites…).
Ségolène est la candidate du parti socialiste, il est donc normal qu’elle reprenne son projet. Quant son indépendance, pour qu’elle risque de la perdre, il faudrait déj que le PS exerce un dictat idéologique sur ses membres, mais contrairement l’UMP (et l’UDF?) il y a des courants au PS, chacun est libre, Ségolène a largement montré qu’elle l’était.
23 mars 2007 à 20:43
Je reprends une partie d’un message sur Bayrou du blog de J-L Fabiani, http://fabiani.blog.lemonde.fr/
Bayrou vient d’ajouter ses soutiens les ultra-libéraux d’Alternative libérale, qui se reconnaissent pleinement en lui : “Les libéraux entendent continuer la campagne et soutenir François Bayrou, car c’est le candidat qui propose de changer le système et une autre façon de faire de la politique”, a déclaré Edouard Fillias, mardi 13 mars. Le candidat la présidentielle du petit parti Alternative libérale a confirmé qu’il déclarait forfait faute d’un nombre de parrainages suffisant.
“Bayrou nous séduit parce qu’il propose une forme de révolution légale” avec ses réformes institutionnelles, a ajouté M. Fillias. “Les vraies révolutions sont faites par les modérés”, a-t-il estimé, se félicitant que se reconstitue ainsi “l’alliance historique” entre libéraux et centristes. M. Fillias a indiqué que son parti espérait présenter “une centaine” de candidats aux élections législatives.
Né en mai 2006, Alternative libérale milite pour une ligne libérale pure, pas uniquement dans le domaine économique. Il milite contre “l’Etat nounou” et propose la suppression de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) et la baisse de l’impôt sur les sociétés, la liberté de choix de l’assurance santé ou retraite, mais aussi l’expérimentation de la vente libre du cannabis ou la restriction des contrôles d’identité.
Philippe Aghion, l’économiste d’Harvard, décrit sans fard le programme de M. Bayrou dans Le Monde.fr :
“François Bayrou est le candidat de la continuité. Il ne propose ni rupture ni réforme structurelle, mais des modifications la marge. Or pour augmenter la croissance potentielle de la France, il faut agir en même temps sur plusieurs fronts : accroître le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche d’au moins un demi-point de PIB. Le président de l’UDF suggère de l’augmenter mais pas suffisamment. Il faut aussi rendre plus dynamiques les marchés des produits, du crédit et du travail. M. Bayrou ne dit rien de s effets pervers de la loi Galland sur le commerce, qui a entravé la concurrence et contribué maintenir des prix excessifs pour le consommateur. De même, il ne s’intéresse ni l’absence de concurrence dans le secteur bancaire français, ni aux faiblesses du capital-risque ni au nombre insuffisant des “Business angels”. Il propose des mesurettes sur l’emploi mais rien qui permette de s’attaquer l’insuffisante mobilité du marché du travail et au déficit de confiance entre employeurs et salariés. Réformateur de droite, Nicolas Sarkozy défend une approche thatchérienne, en se concentrant exclusivement sur le marché du travail et en s’attaquant frontalement au service minimum, aux régimes spéciaux de retraite, aux fonctionnaires. M. Bayrou, lui, est conservateur et conformiste, mais pas plus convaincant. Il veut réduire la dette publique. Mais cette diminution ne doit pas faire obstacle aux investissements indispensables la croissance. Car cette dernière est la meilleure garantie d’une diminution durable de l’endettement”.