Figue ou raisin?

27 novembre 2007

Mi-figue, mi-raisin. Telle est la saveur décevante de la décision rendue par le Conseil Constitutionnel sur le recours signé par l’opposition et François Bayrou. On se rappelle que le recours critiquait deux dispositions de la loi sur l’immigration : le Conseil a annulé l’une d’entre elles, celle autorisant les statistiques ethniques. Pour l’autre, celle introduisant les tests ADN, mesure qui avait conduit à une grande mobilisation autour des consciences et non pas des étiquettes partisanes, le Conseil s’est montré habile mais peu courageux. Ainsi, l’article sur les tests ADN a été désactivé sans être censuré. Ce faisant, le Conseil a rendu une décision qui ressemble plus à une circulaire administrative qu’à une grande décision de Cour Constitutionnelle. *Mais au moins** les « sages » de la rue Montpensier ont-ils assortis cet article de tellement de réserves et de conditions à sa mise en œuvre qu’il l’ont rendu pratiquement inapplicable*. Du coup, tout le monde peut chanter victoire. D’un côté, l’ineffable auteur de l’amendement qui va répétant qu’il n’y a pas eu censure ; de l’autre côté, les auteurs du recours qui ont obtenu que cette disposition finisse vidée de l’essentiel de son venin. Mais si les juristes peuvent trouver à se satisfaire de cette « habileté » juridique, le citoyen est en situation de s’interroger sur tant de pusillanimité. Manque de courage ? Goût pour le juridiquement correct ? Absence de majorité au sein du Conseil pour dégager une solution simple, claire et lisible par tous les citoyens ? Et si plus simplement, cette décision était la preuve que le Conseil Constitutionnel est aujourd’hui plus un organe politique qu’un véritable juge constitutionnel. D’ailleurs connaît-on beaucoup de Cours suprêmes dont une partie du collège est composée des anciens Président de la République, les seuls membres à vie de cette institution. Certes, un mauvais esprit dirait que l’âge auquel ils y entrent limite l’effet de cette règle. En tout état de cause, une telle situation n’est guère compatible avec une démocratie adulte. D’ailleurs ni le Général de Gaulle ni François Mitterand n’ont estimé devoir y siéger. En revanche, MM. Giscard d’Estaing et Chirac ont décidé de venir se retrouver sous les lambris dorés. Facile d’imaginer combien l’ambiance doit être bonne quand on connait la qualité des relations qui unissent les deux hommes… D’ailleurs, la décision du Conseil est-elle une conséquence de ce prolongement des joutes politiques au sein du Conseil. Quoi qu’il en soit, cette confusion des genres a tellement à voir avec le peu de goût de la culture politique française pour la séparation des pouvoirs.

Le moment venu, il faudra se rappeler, si la réforme des institutions vient à l’ordre du jour, de mettre un terme à cette anomalie afin que le Conseil Constitutionnel redevienne une vraie Cour protectrice des droits et libertés, loin des vaines querelles et des illusions de cour.

Marc Mossé

Réunion publique : Les Ateliers de Meudon.

25 novembre 2007

Des citoyens venus de tous horizons, les Socialistes, les Verts, les Radicaux de Gauche se rassemblent autour d’un projet pour notre ville, le jeudi 29 novembre, au 12 rue du Père Brottier (Gymnase René Leduc) à Meudon.

Marc Mossé et l’équipe de Meudon‑Oxygène 2008 vous invitent à une réunion publique : Les Ateliers de Meudon.

Voici le tract officiel en format .Pdf :

ps-meudon-2008-tract-3-ateliers.pdf

Jeudi : (Tests ADN) Démocratie 1 - 0 Démagogie ?

14 novembre 2007

Marc MosséDans la société du spectacle qui fait notre quotidien, une actualité chasse l’autre. Certains s’organisent même pour que l’agitation permanente empêche que l’on prenne le temps d’analyser et d’exercer notre vigilance de citoyens. Contre cette tentation du mouvement d’Etat permanent, il nous faut faire notre devoir de citoyen éclairé en refusant de laisser cette société du spectacle nous imposer l’immédiat et l’émotion comme seuls critères de jugement. À nous d’exercer un droit de suite et d’inventaire constant.

Ainsi, il y a quelques semaines de cela, le Parlement a voté une loi introduisant l’usage des tests ADN pour limiter l’exercice du droit constitutionnel au regroupement familial et de son corollaire : le droit à mener une vie privée et familiale normale et digne.

Or, jeudi prochain, le Conseil Constitutionnel saisi par le Parti Socialiste d’un recours cosigné par François Bayrou et les députés communistes rendra sa décision. Une décision sur une question qui a transcendé les clivages politiques parce que l’essentiel est en cause.

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Débat à Boulogne : “Comment lutter contre les discriminations ?”

10 novembre 2007

Venez retrouver Lucile Schmid, Pascal Buchet, Razzye Hamadi…

La Fédération des Hauts -de-Seine vous invite au débat

“Comment lutter contre les discriminations ?”

à Boulogne, école Fessart,
le samedi 17 novembre à partir de 14 heures

Débat Discriminations Boulogne 17 nov 2007 (400px)

Réunion-débat avec Jean-Louis Bianco à Châtenay-Malabry

7 novembre 2007

(Cet événement a eu lieu le 13 novembre)
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Une gauche crédible.

24 octobre 2007

Les mouvements de grève qui commencent actuellement sont une première occasion pour le parti socialiste de montrer qu’il est capable de faire sa rénovation, de porter une opposition à la politique de la droite et de proposer aux grévistes une politique alternative crédible.

Avec le bouclier fiscal et les baisses d’impôts sur le revenu, le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient de faire un cadeau de 15 milliards d’euros aux individus les plus privilégiés. Maintenant il s’attaque aux retraites de ceux qu’il qualifie de privilégiés, des conducteurs de trains.

Quand les hasards de l’actualité médiatique font coïncider cela avec les scandales d’EADS où des dirigeants s’enrichissent frauduleusement de plusieurs millions, il y a de quoi être scandalisé de parler des grévistes comme des privilégiés. L’opposition du parti socialiste et de la gauche à cette politique est donc évidente. Mais elle doit être celle d’un parti aspirant au gouvernement, donc qui entame un dialogue honnête avec les organisations syndicales pour permettre l’élaboration d’un véritable programme alternatif.

L’honnêteté impose d’abord de dire qu’il y a une réforme des retraites à faire, que les évolutions démographiques doivent bien trouver des solutions économiques et que les réformes des régimes spéciaux se posent à l’intérieur d’une grande négociation sur la prise en compte de la pénibilité du travail. C’est la grande injustice de la réforme Fillon sur les retraites : son incapacité à prendre en compte les différences de condition de travail. On ne peut poser la question de la fin d’une carrière sans s’interroger sur les différences d’espérance de vie ou du nombre moyen d’accidents de travail entre les différentes professions. C’est seulement en prenant en compte de tels critères qu’on pourra faire une réforme juste des retraites.

Le parti socialiste a devant lui deux impasses possibles, la première serait d’abandonner son combat socialiste pour reprendre le point de vue de la droite, celui de la critique de soit-disant privilégiés, la seconde impasse serait de perdre sa crédibilité en se contentant d’un suivisme passif des protestations et de quelques flatteries envers les grévistes. A l’inverse les socialistes peuvent chercher à conjuguer la prise en compte des réalités économiques et les justes protestations des grévistes. Cette voie est plus difficile, elle impose de substituer l’analyse à la posture, le dialogue constructif à la flatterie mais c’est la seule qui permettra de convaincre que la gauche est capable d’affronter les défis économiques et sociaux de demain.

Cyril JAYET